Bague à portrait en or rose du 18e siècle.

Bague ancienne à miniature. Chaton rectangulaire à pans coupés orné sous un verre d’une fine miniature peinte sur ivoire d’un sujet d’homme en buste de ¾ traité au naturel. Il porte une perruque poudrée, un jabot en dentelles et une veste en soie. La vie qui se dégage de ce portrait est saisissant, surtout au niveau du regard. La virtuosité de l'artiste est remarquable.
Le chaton est encadré d’un rang de demi-perles fines. Les épaules fourchues sont ornées de fleurons.

Parfait état. France, époque Louis XVI.

De nombreuses bagues "à portrait" sont parvenues jusqu'à nous, bien que l'étude documentaire prouve qu'elles furent relativement rares en leur époque. En fait, elles furent conservées grâce, le plus souvent, à l'absence de pierres précieuses qui leur évita d'être démontées, et grâce aussi à leur fort attrait sentimental. Car c'était des bagues d'amour ou d'amitié qu'on s'offrait en gage et pour ne jamais complètement se quitter, des bagues d'estime dont les souverains gratifiaient leurs fidèles, des bagues de souvenir qui abolissaient la mort de l'être cher en conservant ses traits. Elles nous délivrent, incrusté dans un bijou, comme une relique dans sa châsse, le reflet de cette époque à la fois raffinée et sentimentale. Ces "reliquaires", offrant à la fois le portrait et, parfois, une mèche de cheveux du sujet, permettaient à leur possesseur d'emporter avec lui, de porter à même la peau, en parfaite intimité, et de conserver en permanence sous les yeux, un visage aimé, un regard. Et ce même regard, qui a vu le 18e siècle, ses misères et ses fastes, a traversé le temps à l'abri de son précieux écrin et continue à nous dévisager du fond de son petit cercueil d'or et de cristal. Nous regardons avec curiosité ces êtres disparus et nous fantasmons sur eux, mais eux aussi semblent nous fixer. Que pensent-ils donc de nous ?

Dimensions du chaton : 2,7 cms
Tour de doigt : 50-51
Poids : 6 grs