Bague d'amour du 18e siècle dite “bague de foi” en diamant et rubis.

Exceptionnelle bague en or et argent à chaton double en forme de cœurs sertis l’un d'un beau diamant taillé en rose de Hollande (symbolisant la pureté féminine) et l’autre d’un rubis (symbolisant la force mâle). Le chaton est surmonté d'une couronne sertie de trois diamants taillés en roses. Le dos du chaton est à fond clos.
Le chaton double cœur est présenté par des mains dont les manchettes sont serties l’une d’un rubis et l’autre d’un diamant, en opposition de valeur avec les pierres serties sur le chaton.
Il s’agit du thème de l’offrande du cœur qui engage la « foi », d’où le terme de « bague de foi ».
En outre, cette bague exceptionnelle présente un « système », car elle est composée en fait de trois anneaux qui se séparent les uns des autres, de sorte que les mains s’ouvrent ou se ferment autour des cœurs.

Travail occidental du 3e quart du 18e siècle (époque Louis XV)

Poids : 3,2
Taille du doigt (non modifiable) : 47-48

Ce type de bague sentimentale expose une symbolique évidente : celle des cœurs unis sous la couronne du mariage. Ces bagues étaient, en effet, utilisées comme anneaux de mariage, aussi bien par les hommes que par les femmes. Les deux mains qui offrent le cœur veulent suggérer que, dans ce cas précis, l'amour était un choix volontaire et non contraint, comme il arrivait encore trop souvent à cette époque. Ce thème de la liberté du choix est encore accentué par le fait que les mains, en s’ouvrant, « libèrent » les cœurs à volonté.
La présence de rubis et de diamants permet d'attribuer à cette bague une destination aristocratique.

Ce type de bagues dont le chaton épouse la forme d’une pierre taillée en forme de cœur remonte au moins à la Renaissance qui nous en a livré quelques exemplaires. La pierre taillée est souvent un diamant, pour son côté éternel, mais aussi un rubis, pour sa couleur évocatrice. Les plus riches chatons associent, comme c’est le cas ici, deux cœurs de couleurs différentes. Le ruban ou encore la couronne qui les coiffent participent au symbole. L’un évoque le lien éternel noué entre les deux promis, l’autre le sacrement qui, au sens littéral, « sacre » le mariage et « couronne » les épouxles époux. D’ailleurs, dans le passé, les fiançailles précédaient de fort peu la cérémonie nuptiale et souvent le don de la bague se faisait au seuil de l’église.

Des mains présentant le cœur offert sont fréquemment figurées, émaillées ou non, aux épaules de la bague. Cette représentation remonte à la plus haute Antiquité. Elle demeura en vogue jusqu’en plein XIXe siècle dans les pays celtiques. Dans l’ouest de la France, on la nomme « Bonne Foi ».

Le plus bel ex. du XVIIe, se trouve au Victoria & Albert Museum (C.C. Oman, « Catalogue of rings in the V.and A. Museum », London, 1930, No 697). Des ex. charmants du XVIIIe dans «Ringe , Koch Sammlung », Anna Beatriz Chadour, Maney, Leeds, England, 1994, refs 903-08). Un bel échantillonnage des XVIIe et XVIIIe dans « The power of Love. Six centuries of diamond betrohal rings », D. Scarisbrick, London, 1988.

La bague présentée est la plus belle de ce style que j’ai eu dans ma carrière et la seule qui associe le double cœur, les mains et le système de « libération ». Vraisemblablement française, datant du règne de Louis XV. Pure de lignes, délicate, elle se livre intacte et authentique, glissant, par magie des doigts d’une marquise aux notres, pour que l’histoire d’amour qu’elle symbolisa naguère, ait encore une chance d’émouvoir nos cœurs.