Bague Renaissance en or émaillé et diamant en pointe native. Fin du 16e siècle.

Bague en or émaillé polychrome d'époque Renaissance. Le chaton rectangulaire est orné d'un diamant en pointe native, de forme pyramidale, en serti clos. La bâte surélevée, de profil pyramidal, est festonnée en partie haute de motifs de croissants remplis d'émail bleu et dont les points de contacts forment, dans le métal, des griffes servant à assujettir la pierre. Il repose sur un léger astragale strié d'émail turquoise. Le dos du chaton est gravé d'un motif rayonnant. L'anneau est délicatement travaillé aux épaules, repercé et ciselé en creux et en relief d'un motif typiquement renaissant de volutes et protubérances végétales, émaillé d’orange, bien cristallisé.
Excellent condition.
Art de la Renaissance, de la fin du 16e siècle.

Il est intéressant de s’attarder sur les bagues ornées de diamants taillés en pointe. On les rencontre figurées sur les planches des joailliers de la Renaissance (ainsi dans le “Livre d’Aneaux d’Orfèvrerie” de Pierre Woeiriot (1561) et jusqu’au début du 17e siècle, dans l’ouvrage de Jacopo Typotius : « Symbola Divina et Humana » (1603).) Egalement peintes sur les portraits de l’époque (une bague identique, avec un diamant taillé en pyramide, est représentée, par exemple, sur le portrait de Anna van Heussen (1583) du musée de Leyde, ill. in M.H. Gans, Juwelen en mensen, 1979. ref. 20 et 117 (détail), ou sur le portrait de Frances Brandon, duchesse de Suffolk, 1559, ill. in Charles Oman, British Rings 800-1914, 1974. ref. 25A).
Enfin, quelques rares exemplaires sont parvenus jusqu’à nous : tels les bagues de Charles Ier d’Angleterre et d’Isabelle de Hongrie, illustrées dans Diana Scarisbrick, Les bagues (trad. de Rings, symbols of wealth, power and affection), 1993. p.59.

« La taille la plus fréquente pour le diamant était la pyramide qui respectait la stucture octoèdre de la pierre. Les diamants en pointe, connus aussi sous le nom de « diamants à écrire », parce qu’ils pouvaient servir parfois à écrire sur les vitres, sont représentés sur les dessins du 16e siècle, comme ceux d’Etienne Delaune… » écrit Charlotte Gere, in Anne Ward, John Cherry, Charlotte Gere, Barbara Cartlidge, La Bague, Paris, 1981 [traduction de Rings through the ages]. P.94.
On pense évidemment au fameux distique mélancolique, écrit sur une vitre de son cabinet de Chambord par François Ier, vers 1520 : « Souvent femme varie. Bien fol qui s’y fie ».

Les premiers diamants taillés dans le monde le furent en Europe, soit à Venise, soit à Florence ou Gênes, à la fin du 14e siècle. « la première des tailles ne fut qu’un re-surfaçage de petits ou moyens octoèdres arrivés bruts des Indes, via l’Italie. » (Hubert Bari, in Diamants, sous la direction d’Hubert Bari et Violaine Sautter, Paris, 2001) Avant cette date, on se contentait de « pointes naïves », c'est-à-dire d’octoèdres bruts. On trouve un diamant taillé en pyramide sur une bague du 15e siècle trouvée au prieuré de Frithelstoke dans le Devon et conservée au British Museum (AF899) (ill. Anne Ward, John Cherry, Charlotte Gere, Barbara Cartlidge, La Bague, Paris, 1981 [traduction de Rings through the ages]. Ref. 185.


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